Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de marcher dans la rue, de croiser une connaissance et que la première chose que tu te dises soit : « Ah non, pas elle! Je ne la supporte pas »? L’ironie de cette situation c’est que bien souvent on affiche notre plus grand sourire forcé pour ne pas froisser ladite personne.

J’ai fait ce genre de rencontre dernièrement avec ma vulnérabilité. Je vous jure que jusqu’à maintenant, quand je pouvais, je l’évitais. Pourtant, la vie fait bien les choses et m’a assise nez à nez avec elle pour que l’on règle nos différents.

Malaise dans la salle. Je me sens bouillir à l’intérieur. Je ne veux pas être là. Plus le silence se prolonge, plus l’atmosphère est lourde. Je me sens prise au piège et totalement impuissante.

Je la vois face à moi. Elle se tortille les mains, sentant probablement ma colère et mon désir de prendre mes jambes à mon cou. Elle sent qu’elle n’est pas la bienvenue.  Puis comme un presto, la pression sort d’un coup et j’éclate en sanglot. Pourquoi me fait-elle ça? C’est injuste!

‒ « On avait dit que tu restais sagement derrière le mur. Pourquoi a-t-il fallu que tu décides d’aller jouer dans ces jeux? As-tu vu dans quel pétrin tu nous as mis? »

‒ « Je sais. Je suis désolée. Je voulais jouer, moi! Je m’ennuie tellement dans ma cachette. » me répond-elle.

‒ « Et tu crois qu’on va s’amuser là, un pied dans le plâtre? Nous sommes prisonnières de notre propre corps maintenant. »

Elle reste silencieuse. Je vois les larmes couler sur ses joues. Je comprends que j’ai été trop loin. Tout ce qu’elle voulait, c’était d’être aimée. Elle voulait que pour une des rares fois, on la voit.

Je me laissai tomber sur mon dossier de chaise en expirant bruyamment. Les yeux au plafond, j’ai lu la vérité. Je l’ai enfermé pour la protéger. En façade, j’étais une tête forte, une rebelle, une femme indépendante. Mais pendant ce temps, je tenais cette vulnérabilité, cette petite fille emprisonnée.

‒ « Je veux juste être moi et être aimée tu sais » me dit-elle d’une voix timide.

‒ « Oui je sais. Pardonne-moi d’avoir explosé. Je crois que c’est la seule manière que j’ai d’exprimer mon inconfort. » lui dis-je.

‒ « Tu sais que je peux t’aider? » me répond-elle en attrapant la balle que j’ai lancée au vol?

‒ « Comment? Comment fait-on? Comment puis-je prendre soin de nous? »

Ses délicates mains se posent sur mes miennes. Une brise de douceur me caresse la nuque. Je m’apaise rapidement.

‒ « Laisse-toi être. Ton intuition et moi pouvons te guider. »

‒ « Vraiment? »

‒ « Oui! Permets-toi de rêver, de rire, de pleurer, de jouer. » me conseille-t-elle.

‒ « Ok. Toutefois, je comprends que le problème est vraiment avec les autres. »

‒ « Aujourd’hui, tu as le droit de ne plus faire de compromis sur celle que tu es fondamentalement. Ce qui inclut de dire oui quand tu le désires vraiment et non quand ça ne te fait pas vibrer. C’est de ne pas essayer de te faire aimer par les autres en te brimant dans ta vraie nature. » m’explique-t-elle.

Je sens une lueur d’espoir, mais j’ai peur de ne pas être à la hauteur.  C’est nouveau pour moi et je crains le changement. Ça, elle l’a bien senti, car elle me dit :

‒ « On va le faire ensemble! »

Finalement, de bonnes choses arrivent lorsque l’on s’ouvre et qu’on écoute notre petite voix.